Dans la tête de Maude

La vie, les réflexions et les états d'âme d'une maman enseignante.

mercredi, novembre 22, 2006

Saint-dit-calis-à-si-on

Ouais... Ce titre en dit déjà long...

Saint: Dans un monde idéal où tout serait parfait
dit: il parle pour nous
calis: des fois c'est plus de trouble que d'autre chose
à: Au fait, à qui sa sert ça? Ah? À nous? Ben réveillons-nous alors!
si on: Si on faisait ce qu'on a à faire, ça irait mieux.

Nous avions une assemblée générale syndicale ce soir. Ça m'écoeure d'aller là. C'est loin, ça prend du temps , ça me prive d'une soirée avec mon garçon et j'y crois très peu. Mais bon. Autant pour faire "mon devoir" que pour accompagner mes amies Valérie et Nathalie-Ann, j'ai décidé d'y aller. On est arrivées en retard, mais c't'aussi ben, c'était fini; too bad, pas de quorum. Ça veut dire que la rencontre est annulée, trop peu de personnes présentes, il en manque près de 100. Et c'est pas parce que le quorum est trop élevé. C'est vraiment ridicule.

Pourquoi on n'a pas quorum? Pourquoi autant d'enseignants sont totalement indifférents aux détails de la convention collective qui sera (si on arrive à voter) acceptée et qui régira nos nouvelles conditions de travail?

J'ai déjà entendu quelqu'un dire qu'à Montréal, si on était obligé de faire la une des journaux avec des nisaieries c'est qu'on n'avait rien de plus grave à dire, parce qu'on a une belle ville et que ça va bien et que quand tout va bien, on n'a que des détails à fignoler. Même chose dans la vie privée, quand tout va bien, on n'a pas grand chose à raconter, on fait vite le tour du:
"- Ca va bien?
- Oh oui, mon couple va bien, mon bébé aussi, la maison est parfaite...
- ...
- faque c'est ça"
Alors que quand ça va mal, t'es mieux de te prendre une chaise... Alors bref, est-ce que c'est parce que ça va si bien et qu'on n'a rien à revendiquer qu'on décide de ne pas porter attention à notre assemblée syndicale?

Je n'arrive pas à me décider à propos de la syndicalisation. Je crois que ça a remis l'équilibre dans un "monde" où les patrons abusaient carrément des employés. Je sais aussi que ça devrait éviter le favoritisme et les injustices. Mais quand j'ai travaillé sans être syndiquée, j'ai eu des patrons (un en particulier au Harvey's: Michel St-Jean) extrêmement compétents avec qui il faisait bon travailler parce qu'ils savaient choisir des employés qui "avaient d'l'allure". Je déteste être prise avec des collègues de travail pourris à qui on a donné une chance, à leur troisième mois d'embauche, en leur faisant une évaluation un peu positive en se disant qu'ils finiraient ben par s'améliorer, mais qui sont restés pourris, même qu'ils se sont détériorés. Sauf que maintenant, ils sont là, dans ce beau système et sont protégés par ce même syndicat qui supposément fait tout pour un travail ÉGAL...

Je n'arrive pas à pencher ni d'un sens ni de l'autre. Je reste des fois pour, des fois contre, mais j'essaies au moins de faire en sorte, quand ça ne m'apparaît pas une montagne, de faire ma job de syndiquée, autant que je fais ma job de prof ou de citoyenne. C'est pas moi qui va faire du lobbying pour que les gens se déniaisent et viennent à la réunion. Je n'irai donc pas à la prochaine, je sais trop bien qu'en une semaine, les gens ne vont pas tout à coup se réveiller et y être. Si le quorum est short d'une voix, ce sera ma faute.

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6 Comments:

Anonymous Anonyme said...

À l'époque où ils furent très utiles, les syndicats ont forcé le gouvernement à mettre en place des lois pour forcer les compagnies à ne pas exploiter les travailleurs (ex.: travailler 12 heures debout sans pause) ou les congédier sans raison valable. Maintenant que ces principes sont inscrits dans les lois du travail, les syndicats servent plus aujourd'hui à protéger les mauvais travailleurs. Et les bons travailleurs ne se rendent pas compte que si les compagnies n'avaient pas à payer pour 3 imbéciles pour chaque bon travailleur, ils auraient plus d'argent pour mieux payer ceux qui font bien leur ouvrage et il serait plus facile de mieux négocier ses conditions de travail, au lieu d'arracher chaque cenne d'augmentation à coût de grève interminable qui font chier tout le monde (les employés parce que chaque demande est traitée comme déraisonnable par l'employeur et l'employeur parce qu'il a l'impression de se faire baiser en payant des épais). Au bout du compte, les propriétaires (lire actionnaires si compagnie publique) et les employés ont autant intérêt à ce que la compagnie aille bien, alors ultimement ils partagent le même but, alors qu'un syndicat ne fait qu'antagoniser les parties.
Le nivellement par le haut qu'a apporté les premiers syndicats s'est transformé en nivellement par le bas... La preuve, c'est que je n'ai jamais été syndiqué et j'ai toujours eu des employeurs qui m'offraient des conditions de travail plus qu'intéressantes, même si il n'y a rien qui garantit que mon voisin de cubicule ne gagne pas plus cher que moi ou qu'il n'aura pas une promotion basé sur son rendement ou ses intérêts ou compétences au lieu de son ancienneté...

1:50 p.m.  
Anonymous Anonyme said...

En fin de compte, les bons employés n'ont rien à gagner d'un syndicat aujourd'hui. Mon père a été employé syndiqué chez Air Canada pendant plus de 30 ans et il est anti-syndicaliste à l'os. Il a bien vu le tas de fainéants payés le même salaire que lui et la facilité de tomber dans la logique: "pourquoi je me forcerais plus si je suis pour gagner le même salaire que le gars qui fait des mots croisés à la journée longue...". Employés et employeurs qui se détestent = mauvais climat de travail = rendement poche = employés et employeurs qui se détestent. J'aime beaucoup mieux la logique: je te donne un bon rendement, tu me donnes un bon salaire, tu reconnais mon travail, alors je te donner un meilleur rendement, ainsi de suite. S'agit de choisir dans quelle spirale on veut évoluer...

1:55 p.m.  
Blogger Maude said...

Je suis en grande partie d'accord avec toi. Par contre, je pense que c'est vrai dans le cas où les employeurs ont "d'l'allure". Le très bon gérant que j'ai connu, Michel, a été remplacé (lui il est devenu proprio, pas étonnant) par un gars qui plaçait des "pitounnes" à la place des employés qui ne faisaient pas son affaire (laids ou gros ou avec des boutons) ce qui a fait qu'heureusement, c'était un gérant et les proprios ont fini par s'en mêler (le resto sombrait) mais quand même, des employés de 20 ans de service, de 15 ans de service se sont retrouvés dans la rue avec un tel twit comme boss...

Et dans les grandes compagnies, on n'est pas à l'abri de ça. Je regarde juste là où Claude travaille, y t'a des méchants incompétents à la tête de certains départements, qui engagent (en toute bonne foi?) des épais aussi pire qu'eux... Pis on recommence la roue de l'incompétence, tant que ça ne touchera pas assez fort le budget global (mettons si il font une gaffe de 1 ou 2 millions) pour que le grand boss s'en mêle et commence à réaliser que son chef de département est pourri... Pis là, qu'il se battent avec les normes du travail parce que ça a pris trois ans avant qu'il s'en rende compte, pis qu'en plus, y'a une fille qui couche avec l'autre boss faque on peut rien faire faque... Voyez le genre...

9:59 p.m.  
Anonymous Anonyme said...

Tout commence par en haut... pour pouvoir juger de la compétence de quelqu'un il faut soi-même être compétent.

http://www.apa.org/journals/features/psp7761121.pdf

1:02 p.m.  
Anonymous Anonyme said...

http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?file=/chronicle/archive/2000/01/18/MN73840.DTL

1:03 p.m.  
Blogger Maude said...

Ouin, l'article que tu nous montres là, est plutôt décourageant... C'est pas demain la veille que les cons vont comprendre qu'ils le sont et s'améliorer "comme par enchantement"!

9:46 p.m.  

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