J'ai été d'abord étonnée de voir dans chacune des deux régions nordiques de la France que j'ai visitées, que les maisons sont construites selon des styles différents et que ces styles sont respectés, même pour les nouvelles constructions.
Le style Normand, donne aux maisons des façades pâles (blanches, beiges, jaunes pâles) traversées par des colombages généralement foncés, tant pour les maisons "unifamiliales" que pour les maisons étagées.
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D'ailleurs, dans les villes et villages, les maisons étagées sont presque toutes collées sur le bord de la rue et le bas de ces immeubles est utilisé pour les commerces.
Dans un musée, situé dans le chateau de Guillaume le Conquérant dans la ville de Caen, (toujours intéressant de comprendre que les musées ne sont pas des édifices construits pour habiter des musées (comme ici), mais plutôt des bâtiments réafectés dans des endroits à visiter, comme le château) j'ai trouvé une explication très précise de la façon dont étaient construites ces maisons.

De gauche à droite, on voit d'abord dans le haut, une partie "finie", c'est à dire enduite de plâtre ou d'un mélange de chaux pour recouvrir le remplissage, qu'on voit après la fenêtre. Ce remplissage est un mélange de paille et autres substances permettant l'isolement, qui est retenu aussi par des petits travers, bâtonnets de bois placés en acordéon, entre chaque colombages. C'est l'essentiel de la construction, mais dans plusieurs maison, on retrouve aussi, comme dans la partie de droite, des morceaux de tuiles coupés, agencés pour créer des motifs, ce qui me semble un art de la construction, nécessitant beaucoup plus de minutie et de travail que nos constructions modernes. Dans le bas du modèle, on voit qu'on utilise aussi parfois la pierre (le silex, entre autres) et la brique.
Du côté des bretons, peut-être à cause du vent qui me semble beaucoup plus présent, on a opté pour des maisons de pierre. Elles sont généralement rectangulaires, qu'elles soient seules ou en bordure de rue, côte à côte avec d'autres. Comme pour les maisons normandes, les fenêtres sont souvent ornées de volets (ce qui donne un cachet très joli à mon goût).
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| On peut aussi observer des particularités aux toits. Plusieurs d'entre eux sont en chaume, plus d'un pied d'épaisseur de "branchaille", surtout en Normandie et quelques pignons sont avancés, comme sur cette photo.
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Mais quoi que j'aie porté beaucoup mon attention sur ces maisons pendant mon voyage, ce ne sont évidemment pas les éléments architecturaux les plus importants à regarder. Toutes les églises que nous avons visitées (basiliques, cathédrales, abbayes...) puis les châteaux, démontrent des particularités architecturales que j'ai peine à assimiler.
Que ce soit de l'époque Romaine, ou du style roman, du style gothique ou plus moderne encore, je n'arrive pas à démêler ces styles, qui souvent se chevauchent dans les mêmes constructions, refaites, retouchées, reconstruites et réaménagées.

| Quelques caractéristiques peuvent-être observables par quelqu'un d'aussi néophite que moi, par exemple les différents styles d'arches qui font les plafonds des églises, ou les ornements sur les piliers qui les tiennent, mais il m'aurait fallu plus de temps et d'attention pour démêler ce charabia.
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Cela m'amène à parler de ma plus grande découverte là-bas. Je comprends un peu mieux maintenant ce qu'est un "vieux pays". L'impact du temps, des guerres, des révolutions, des changements de mentalité et de l'évolution est tel qu'il est presque impossible de comprendre en un coup d'oeil ce qui est devant nous. Un exemple, L'Abbaye aux dames, à Caen. Là, toutes les boiseries ont été brulées pendant la(les) guerre(s) de cent ans (si je me souviens bien), les rampes de fer ont été forgées en armes pour une autre cause, mais encore, des changements ont été apportés aussi récemment que pendant la deuxième guerre mondiale, pour permettre d'utiliser ce bâtiment comme hôpital (et ainsi le sauver quelque peu de la destruction complète en y plaçant une grosse croix rouge sur le toit)... Sans compter qu'il est aujourd'hui utilisé pour loger les bureaux de gestionnaires régionnaux de la Normandie... Tant de changements, tant d'usages différents, tant de constructions, démolitions et reconstructions pour un même édifice... Bien sûr, ayant été construit à partir des années 1000, il est évident qu'il peut s'en passer des choses, en mille ans.
C'est donc ainsi que j'ai compris que j'aurai beau parcourir le Québec en entier et observer des merveilles d'ici, j'aurai toujours du plaisir, je pourrai même être étonnée souvent, mais jamais je ne verrai la même chose, jamais je ne verrai autant ici l'impact du temps et l'impact de l'histoire sur la nature et sur les hommes et leur environnement.
Cette ruine, reste d'une église encore debout dans un quartier plutôt moderne, n'est qu'un exemple des anachronismes qui peuvent exister dans ces vieux pays et qu'on ne peut imaginer sans avoir visité, au moins une fois.
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