Dans la tête de Maude

La vie, les réflexions et les états d'âme d'une maman enseignante.

jeudi, octobre 13, 2005

Le Baptème - Réflexion sur le sujet - Partie 2

Hier soir, Valérie et son copain Sylvain sont venus passer la soirée avec nous. Le sujet principal de la soirée était une négociation entre Claude et Sylvain pour l'échange de cartes de magic, mais comme je sais Sylvain pratiquant, j'ai eu le goût de discuter de ce sujet avec lui. On a un peu forcé Valérie à se coucher tard, par le fait même, mais ça m'a fait un incalculable bien de l'écouter.

Nous avons jasé très longtemps alors je ne veux pas essayer de répéter ses paroles, pour ne pas mettre dans sa bouche des mots qu'il n'aurait pas dit, je vais plutôt écrire ce que j'en ai compris et/ou retenu.

Dans les rencontres de préparation au baptême (la 2e est ce soir), on a choisi de nous parler de la profession de foi. Je crois en Dieu le Père, le Fils, l'Esprit sain et en l'Église. J'étais sceptique. Pourquoi? Je m'attendais à ce qu'on me dise ce qu'est le baptême pour Alexandre et non pas la foi pour moi-même. Je comprends maintenant (ou pense comprendre...) que voici la base de tout: en quoi je crois, en quoi j'engage Alexandre à croire.

Quelles sont les valeurs qui distinguent ma religion des autres, celles qui font que je la choisis pour mon fils? J'avais: amour, famille, parrage, respect de l'autre. Hier j'ai ajouté humilité, pardon. À la rencontre préparatoire, on nous a fait lire la parabole du fils prodigue, mais c'est hier que j'ai compris à quel point le pardon était essentiel au christianisme. J'ai toujours considéré, comme fondammental pour moi de savoir accepter l'autre tel qu'il est, et moi-même telle que je suis. Cette pensée qui avait pour moi plutôt une saveur de cheminement spirituel, sans être associé à la religion.

J'ai l'impression que nous sommes les enfants de parents à qui on a tapé sur les doigts pour qu'ils apprennent les écrits par coeur mais dont plusieurs ont vécu un vide dans la compréhension du sens de ces textes. Ils ont appris quand-même à en vivre les valeurs, mais sans comprendre vraiment. Selon Sylvain, le message essentiel de Jésus est simple "Aimez-vous les uns les autres" et "Croyez en Dieu le Père". On ne devrait pas s'accrocher à des textes qui interprètés à la lettre ou plutôt interprètés d'une manière ou d'une autre, finissent par aller à l'encontre du message initial d'amour.

Et c'est là que j'en avais contre la religion. Par exemple. Ma mère est divorcée. Oh drame, elle est excommuniée, elle ne peut plus aller à l'église. Elle a continué à y aller (ben certain, le prêtre ne la connait, pas, elle est chanceuse!)... Est-elle une traitre? Et moi qui vit dans le péché, non marriée avec un enfant... OUf, ai-je le droit de pénétrer dans ce lieu vénérable? Voilà ce qui me faisait dire que je n'avais pas besoin de ça pour prier, que je n'avais pas besoin de faire le signe de croix pour que "Dieu" m'entende. Je n'ai jamais compris la logique. Si Dieu est partout, en chacun, pourquoi faut-il aller à l'église pour lui parler? Alors ma spiritualité s'est bâtie autour de concepts tels que "Fais aux autres ce que tu veux qu'on te fasses" et "parfois on cherche le bonheur comme on cherche ses lunettes quand on les as sur le nez".

Mais hier, rencontrer quelqu'un qui va à la messe tous les dimanches m'a permis d'ouvrir une porte vers la réconciliation entre ma spiritualité et cette religion qui pourrait redevenir la mienne. D'ailleurs, pourquoi aller à la messe? Pour lui, c'est un moment où il arrête et il prends le temps de réfléchir sur ce qu'il est, ce qu'il fait, ce qu'il vit. Un moment d'introspection. Entendre parler d'un thème, par exemple, le don de soi, et prendre le temps de se demander si c'est comme ça que l'on vit, si on met en cela en pratique. J'avais jamais vu ça comme ça... Mais ça me plaît bien. Ça a toujours été important pour moi de prendre le temps de me remettre en question... La messe sert à ça? Hmmm... Intéressant... Je vais continuer de réfléchir...